Reconquête est le parti fondé le 5 décembre 2021 par Éric Zemmour, qui le préside. Éric Zemmour a obtenu 7,07 % des suffrages exprimés au premier tour de la présidentielle 2022 (Conseil constitutionnel) ; la liste conduite par Marion Maréchal a recueilli 5,47 % aux européennes de 2024, mais quatre des cinq eurodéputés élus ont été exclus ou ont quitté le parti en juin 2024, Sarah Knafo restant sa seule élue au Parlement européen. Reconquête n'a pas de groupe à l'Assemblée nationale. Éric Zemmour a été condamné définitivement à plusieurs reprises pour provocation à la haine ou injure publique, et en appel en 2025 pour contestation de crime contre l'humanité ; voir le détail de la candidature.
Comment il se définit
Le parti se définit comme un mouvement visant à « défendre l'intérêt national » et à « promouvoir la grandeur de la France », et à assurer « la défense de notre identité, de nos familles et de nos terroirs » ainsi que « la défense de notre civilisation » ; il se présente comme « le rassemblement du peuple français » autour des thèmes Identité, Familles, École, Terroirs, Sécurité, Libertés, Prospérité, Puissance et Souveraineté.
Il défend la « remigration », terme assumé par Éric Zemmour dès 2022 et repris en 2026 (renvoi d'étrangers déjà présents sur le territoire, y compris en situation régulière après un an de chômage).
Comment on le classe
Extrême droite (presse de référence et nombreux politistes ; « droite radicale » pour d'autres, dont Gilles Ivaldi ; bloc « extrême droite » du nuancier du ministère de l'Intérieur ; pas de prise de position officielle du parti connue sur cette étiquette)
La presse de référence et de nombreux politistes le situent à l'extrême droite (nationalisme, identitarisme, national-conservatisme, opposition à l'immigration et à l'islam) ; la Fondation Jean-Jaurès range l'électorat d'Éric Zemmour dans le bloc d'extrême droite et lui prête un « tropisme identitaire et sécuritaire ». Le politiste Gilles Ivaldi (CNRS, CEVIPOF) emploie la catégorie de « droite radicale » pour Éric Zemmour comme pour Marine Le Pen, et oppose au « social-populisme » de cette dernière le « capitalisme populaire » du programme Zemmour 2022, plus libéral en économie. Aucune prise de position officielle du parti sur sa propre qualification n'est connue.
Les étiquettes viennent de la presse de référence, des politistes et du ministère de l'Intérieur ; chaque parti peut les contester. Le même traitement s'applique à tous.
Pourquoi ce parti a été créé
Reconquête est lancé le 5 décembre 2021 lors d'un meeting à Villepinte, cinq jours après la vidéo du 30 novembre 2021 par laquelle Éric Zemmour annonce sa candidature à la présidentielle de 2022. Éditorialiste sur CNews jusqu'en septembre 2021, date à laquelle l'autorité de régulation décide de décompter son temps de parole et où il cesse ses collaborations médiatiques, il dote ainsi sa candidature d'un parti qui prolonge l'association « Les Amis d'Éric Zemmour », créée au printemps 2021 ; Sarah Knafo, sa conseillère stratégique, joue un rôle dans cette création. Le parti revendique la défense de « notre civilisation » et de « notre identité » et une stratégie d'« union des droites » visant à réunir électeurs de LR et du RN. Il ne résulte ni d'une scission ni d'une fusion de partis, mais attire en 2022 des personnalités venues de LR (Guillaume Peltier) et de l'ancien FN (Marion Maréchal).
Fondateurs et figures
Fondateur et président de Reconquête (depuis 2021) ; candidat à la présidentielle de 2022 (7,07 %) ; candidature annoncée pour 2027
Né en 1958 à Montreuil dans une famille juive originaire d'Algérie, diplômé de Sciences Po, il est journaliste politique au Quotidien de Paris puis au Figaro (à partir de 1996), chroniqueur de télévision (On n'est pas couché, 2006-2011) et de radio, puis éditorialiste de Face à l'info sur CNews (2019-2021) ; son essai Le Suicide français (2014) est un succès de librairie.
Conseillère stratégique puis directrice de campagne d'Éric Zemmour (2021-2022) ; députée européenne Reconquête depuis 2024
Née en 1993, passée par Sciences Po et l'ENA (promotion 2018-2020), magistrate à la Cour des comptes à partir de 2020, elle conseille Éric Zemmour à partir de 2021. Seule élue de la liste de 2024 restée au parti après la crise de juin 2024, elle obtient 10,40 % au premier tour des municipales de 2026 à Paris ; elle se consacre aux questions économiques et fiscales et a écarté publiquement une candidature à la présidentielle de 2027.
Vice-présidente exécutive de Reconquête (2022-2024), tête de liste aux européennes de 2024 ; exclue en juin 2024
Petite-fille de Jean-Marie Le Pen et nièce de Marine Le Pen, elle est élue députée FN du Vaucluse en 2012, à 22 ans, puis se retire de la vie politique en 2017 et cofonde en 2018 l'ISSEP, un établissement privé d'enseignement supérieur. Ralliée à Éric Zemmour en 2022, elle conduit la liste Reconquête aux européennes de 2024 (5,47 %), puis appelle à soutenir les candidats de l'alliance RN-Ciotti ; Éric Zemmour annonce son exclusion le 12 juin 2024. Elle fonde en octobre 2024 le parti Identité-Libertés.
Porte-parole puis vice-président de Reconquête (2022-2024) ; député européen depuis 2024 ; quitte le parti en juin 2024
Il adhère en 1996 au Front national de la jeunesse, suit Bruno Mégret au MNR lors de la scission de 1998, puis rejoint le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers (secrétaire général en 2003) avant d'entrer à l'UMP en 2009, où il cofonde le courant « La Droite forte » (2012) et devient vice-président de LR. Il rallie Éric Zemmour le 9 janvier 2022, ce qui entraîne son exclusion de LR ; en juin 2024, il quitte Reconquête avec Marion Maréchal, Nicolas Bay et Laurence Trochu, après l'annonce par Éric Zemmour de l'exclusion de Marion Maréchal et de ses proches, puis rejoint Identité-Libertés.
Repères
05/12/2021
Lancement du parti Reconquête lors du meeting de Villepinte, que le parti présente comme le « Serment de Villepinte ».
10/04/2022
Éric Zemmour obtient 7,07 % des suffrages exprimés (2 485 226 voix) au premier tour de la présidentielle et arrive quatrième.
12/06/2022
Législatives : aucun candidat Reconquête ne se qualifie pour le second tour ; Éric Zemmour est éliminé au premier tour dans la 4e circonscription du Var.
09/06/2024
La liste conduite par Marion Maréchal obtient 5,47 % aux élections européennes et cinq sièges.
12/06/2024
Après l'appel de Marion Maréchal à soutenir les candidats de l'alliance RN-Ciotti, Éric Zemmour annonce son exclusion ; quatre des cinq eurodéputés élus (Marion Maréchal, Guillaume Peltier, Nicolas Bay, Laurence Trochu) sont exclus ou quittent le parti, Sarah Knafo restant sa seule élue au Parlement européen.
17/09/2026
Éric Zemmour annonce sur BFMTV qu'il sera candidat à la présidentielle de 2027 ; une déclaration formelle est annoncée pour l'automne.
Courants de pensée
Le parti revendique la défense de « notre civilisation », de « notre identité », des familles et des terroirs, et la « remigration », terme assumé par Éric Zemmour en 2022 ; la Fondation Jean-Jaurès prête à l'électorat zemmourien un « tropisme identitaire et sécuritaire ».
Éric Zemmour reprend à son compte la thèse du « grand remplacement », formulée par l'écrivain Renaud Camus au début des années 2010, selon laquelle la population française serait remplacée par une population immigrée extra-européenne, et en fait un thème central de sa campagne de 2022 ; les démographes la contestent, Hervé Le Bras (INED) la qualifiant de « simplement fausse » et la présentant comme un slogan sans fondement démographique, avec des projections plaçant les immigrés et leurs descendants entre 19 % et 32 % de la population en 2050 selon les définitions.
Éric Zemmour, auteur d'essais (Le Suicide français, 2014 ; La France n'a pas dit son dernier mot, 2021), soutient notamment que le régime de Vichy aurait protégé les juifs français ; cette thèse est contestée par des historiens de la période, dont Jacques Semelin, qui rappelle que les juifs ont survécu « en dépit de Vichy » et non grâce à lui .
Le politiste Gilles Ivaldi (CEVIPOF) classe Éric Zemmour, comme Marine Le Pen, dans la « droite radicale », mais oppose au « social-populisme » du RN le « capitalisme populaire » du programme Reconquête de 2022, plus libéral en économie ; le parti revendique une « union des droites », stratégie qui a conduit en juin 2024 à la rupture avec Marion Maréchal et les élus favorables à l'alliance RN-Ciotti.
Fiche vérifiée en entier le 3 novembre 2026 ; depuis, seuls les éléments modifiés ont été revérifiés (mise à jour le 8 novembre 2026). Voir le journal des corrections